Île de Pâques : une réponse au mystère enfin découverte selon les scientifiques ?

Pascal Durand

Île de Pâques : une réponse au mystère enfin découverte selon les scientifiques ?

C’est une histoire qui tient en haleine depuis des siècles, une énigme qui fascine autant qu’elle perturbe. Les géants de pierre, ces fameuses statues de l’Île de Pâques, ont fait couler beaucoup d’encre, et pourtant, leur mystère semble toujours aussi épais. Les scientifiques auraient-ils enfin trouvé une réponse satisfaisante à ces questions millénaires ? Penchons-nous sur ce puzzle passionnant.

Découverte d’une île mystérieuse

Il était une fois, le 6 avril 1722, l’explorateur hollandais Jakob Roggeveen et son équipage, qui ont accosté par hasard sur une petite île perdue dans l’océan Pacifique. Petite, oui, mais fascinante. Comme aucun Européen n’avait auparavant mis les pieds sur ce bout de terre, il fallait bien lui donner un nom. Et quelle meilleure idée que de se baser sur le calendrier ? C’était le jour de Pâques, donc l’Île de Pâques s’imposa.

Cette île, à peine plus grande qu’une fois et demie Paris, était quasi déserte et le paysage était totalement dénudé, sans un seul arbre à l’horizon. Ce qui étonna le plus les Européens, ce ne sont pas ces caractéristiques, mais les innombrables statues qui parsemaient l’île. Elles étaient énormes, certaines mesurant jusqu’à 10 mètres de hauteur et pesant jusqu’à 80 tonnes, l’équivalent de 13 éléphants.

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Les moaïs, gardiens de pierre

Ces statues effrayantes étaient taillées directement dans la roche du volcan Rano Raraku, situé à l’est de l’île. Les scientifiques les ont baptisées « moaï », signifiant « figurines » en pascuan, la langue locale. Elles ont été sculptées entre le Xᵉ et le XVIᵉ siècle par les premiers habitants de l’île, les matamua, originaires de Polynésie.

L’expression sombre de ces moaïs, leurs grandes oreilles et leur long nez qui mange le visage, leur tête disproportionnée par rapport au buste, tout cela a beaucoup étonné les Hollandais. Et ces géants de pierre ne tardèrent pas à attiser la curiosité d’autres explorateurs et à faire sensation en Europe.

Un mystère déconcertant

Mais le véritable mystère qui a hanté les esprits pendant des siècles est celui du déplacement de ces statues. Comment un peuple, aussi isolé et dépourvu d’équipements mécaniques, a-t-il pu transporter de tels blocs de pierre ? Certaines statues se trouvent à plus de 25 kilomètres de l’endroit où elles ont été sculptées.

Selon la légende locale, les moaïs auraient marché seuls jusqu’aux différents endroits de l’île, animés par la « mana« , une force spirituelle héritée de puissants ancêtres. Mais cette explication magique n’a guère convaincu les esprits rationnels.

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Dans les années 1960, faute de preuves concrètes, des théories extravagantes ont vu le jour. Certaines impliquaient même des forces extraterrestres ou surnaturelles, mais ces hypothèses farfelues ont fini par être reléguées aux oubliettes de l’histoire.

Vers une explication plus rationnelle

Au fil des années, des archéologues sérieux ont apporté des réponses plus rationnelles. La première hypothèse plausible suggère que les matamua couchaient leurs statues sur des rondins de bois et les faisaient rouler. Une équipe américaine a réalisé l’expérience en 1998, prouvant qu’avec cette technique, il est possible de faire avancer une statue de 12 tonnes sur 15 kilomètres en une semaine.

Une autre hypothèse, avancée en 2011, soutient que les statues auraient pu être déplacées debout en étant tirées par des cordes. Les scientifiques basent cette théorie sur l’observation que la plupart des statues étaient davantage usées à leur base.

Ces deux hypothèses présentent néanmoins des limites. Le sol de l’île est truffé de coulées de lave, ce qui aurait rendu le déplacement très délicat. De plus, les statues sont faites de « tuf », une roche très friable. Les cordes auraient donc dû laisser des traces de frottement visibles sur les visages des moaïs et il n’y en a pas.

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Qu’en est-il de la disparition des rapanui ?

Le mystère des statues n’est pas le seul à hanter l’Île de Pâques. La disparition progressive des rapanui, les descendants des matamua, a également suscité de nombreuses questions. Autrefois plusieurs milliers, ils n’étaient plus que 111 individus à la fin du XIXᵉ siècle.

Plusieurs théories ont été avancées pour expliquer cette disparition. Certains ont pointé du doigt les Européens qui, en débarquant sur l’île, ont commis de nombreuses exactions et introduit des maladies qui ont fait de nombreuses victimes. D’autres ont évoqué une compétition entre les différents clans de l’île, qui aurait conduit à une surexploitation des ressources naturelles et à la disparition des forêts. Enfin, certaines études récentes suggèrent que le phénomène « El Nino » pourrait être à l’origine de l’augmentation de la salinité de l’océan et d’une sécheresse entraînant la disparition de la végétation.

Alors, quelle est la vérité ? Les scientifiques sont-ils enfin sur le point de lever le voile sur les mystères de l’Île de Pâques ? Une chose est sûre : cette petite île perdue dans l’océan Pacifique continue de fasciner et de faire rêver, et les géants de pierre continuent de veiller, silencieusement, sur son destin.

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